Le secteur touristique finira l’année 2016 dans le vert

Les arrivées de touristes étrangers s’apprécieront de 1,5% sur toute l’année. La baisse des arrivées des marchés français, allemands et anglais compensée par la hausse des marchés chinois et russes et l’affluence enregistrée lors de la COP 22. Les professionnels misent sur le balnéaire, l’ouverture de nouvelles lignes aériennes et le doublement du budget de promotion.

Le secteur du tourisme résiste dans un environnement international caractérisé par les conflits et les attentats terroristes, sans compter le marasme économique. «Jamais nous n’avons assisté à autant d’évènements négatifs en simultané. Pourtant, on devrait finir l’année avec une hausse des arrivées de 1,5% par rapport à 2015», a déclaré Abderrafie Zouiten, DG de l’ONMT, lors d’une conférence de presse tenue lundi dernier à Casablanca. Les recettes en devises suivent la même tendance haussière. A fin novembre, les recettes de voyages se sont établies à 59,4 milliards de DH, en hausse de 4,1% par rapport à novembre 2015. Said Mouhid, président de l’Observatoire du tourisme, table sur 63 milliards de DH à fin décembre.

Le hic est que la baisse des arrivées des marchés émetteurs les plus importants se poursuit. A fin octobre, le marché français s’est replié de 2%, l’allemand de 3% et l’anglais de 8%. Les arrivées des touristes chinois et russes ont heureusement amorti cette chute. Suite à la suppression du visa d’entrée au Maroc depuis le 1er juin, les Chinois arrivent en masse. «On est passé de 1 000 visiteurs chinois/mois à 6 000 aujourd’hui, l’objectif est d’atteindre 100 000 par an», déclare M. Zouiten. Le plus intéressant est que le Chinois dépense 2,6 fois plus que l’Européen. D’où des recettes potentielles significatives.

Chassés par les attentats en Egypte et en Turquie, les touristes russes ont à leur tour pris la direction du Maroc et ce, suite à divers eductours et voyages organisés au Maroc en faveur d’opérateurs touristiques et de journalistes et bloggeurs russes. Au final, une hausse de 124% de touristes russes a été enregistrée entre avril et octobre 2016. A noter que la ville côtière d’Agadir en a particulièrement bénéficié. L’ONMT aspire à atteindre 200 000 touristes russes/an.

Un taux d’occupation encore faible

En termes de nuitées, la hausse est de 2% sur les dix premiers mois. L’observatoire du tourisme projette de finir l’année à +2,5%. Cela est possible notamment grâce aux bonnes performances réalisées lors de la COP22 pendant laquelle entre 30 000 et 40000 personnes ont effectué des réservations dans les divers hôtels de Marrakech. Sauf que les taux d’occupation avoisinant 80% sont exceptionnels pour les hôteliers de la ville ocre en novembre. Les professionnels espèrent encore atteindre un taux d’occupation moyen de 65% jugé convenable pour rentabiliser l’activité hôtelière. «Pour l’instant, le taux d’occupation se situe à 42% à Marrakech et à 45% à Agadir. On doit arriver à 70%», déclare Abdellatif Kabbaj, président de la Confédération nationale du tourisme (CNT). Le tourisme balnéaire est le segment doté du potentiel réel pour atteindre les objectifs souhaités. «Grâce au balnéaire, nous pouvons atteindre un taux d’occupation de 80%, notamment dans le Sud du Royaume, entre Agadir et Tan-Tan, où la région offre 10 mois de saisonnalité. Nous pouvons y créer 400 000 lits», clame M. Kabbaj. Dans tous les cas, il faudra des efforts intenses pour remplir les hôtels. En général, le taux d’occupation stagne. Il en est ainsi notamment pour Marrakech et Casablanca qui ont enregistré respectivement 22 000 et 10 000 nuitées supplémentaires à fin octobre. Normal, parce que les arrivées n’ont pas été aussi significatives que l’augmentation des capacités litières dans les deux villes. Se pose alors le problème de la desserte aérienne.

Plus de capacités aériennes vers le Maroc

A ce propos, l’ONMT annonce l’ouverture de 8 à 10 charters vols/semaine entre l’Allemagne et le Maroc -Agadir précisément- dans le cadre de l’accord signé entre Atlas Hospitality et le tour-opérateur FTI, la nouvelle ligne reliant Varsovie à Agadir et les dessertes Londres-Essaouira et Charleroi-Essaouira-Ouarzazate. Et pour mieux desservir les villes de Tanger, Fès, Agadir et Marrakech, un appel à concurrence a été lancé auprès des compagnies aériennes. Les résultats seront communiqués début 2017. La digitalisation est le deuxième chantier de l’office. L’office procède à la refonte totale de son site internet qui sera décliné en 11 langues, avec une attention particulière pour chaque région.

Encore faut-il que le budget de promotion soit revu à la hausse pour tout mettre en œuvre. En effet, l’office ne reçoit que 1% des recettes touristiques, soit un budget avoisinant 600 MDH/an alors que les professionnels aspirent au double. En attendant, la CNT a préparé, depuis un an, un Livre blanc qui comprend les recommandations de professionnels au prochain gouvernement afin de relancer significativement le secteur du tourisme. A en croire Abdellatif Kabbaj, ces recommandations permettront d’atteindre 2/3 des objectifs de la Vision 2020, à savoir 15 à 16 millions de touristes étrangers dans 4 ans. Pour le moment, les arrivées font du sur-place : 10 millions de touristes/an est le score annuel de la destination Maroc. Malgré tout, l’heure est à l’optimisme.

source: http://lavieeco.com